Mpox : ces cas importés qui inquiètent les autorités sanitaires cet été

Ce jeudi 14 août, dans un cabinet du 11e arrondissement de Paris, le Dr Antoine Lefèvre, médecin généraliste, examine un patient rentré la veille d’un séjour en Afrique centrale. Fièvre, lésions cutanées, ganglions gonflés. Le diagnostic tombe quelques jours plus tard : Mpox, clade Ib. Un cas de plus sur la liste qui s’allonge cet été.
Santé publique France, dans son dernier bulletin, ne cache plus une certaine préoccupation.
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14 août 2026 : l’alerte discrète de Santé publique France
D’après les chiffres remontés par l’agence sanitaire, 267 cas ont été signalés en France entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. Le rythme s’est nettement accéléré : le second trimestre affiche un volume trois fois supérieur au premier.
Un décrochage qui n’avait pas filtré jusqu’ici dans les médias grand public.
« Ce qui nous interpelle, c’est moins le nombre absolu que la dynamique », observe le Dr Claire Vasseur, infectiologue au CHU de Bordeaux. « Des cas importés, oui, mais aussi des contaminations autochtones. Cela signifie que le virus circule discrètement sur le territoire. »
En Île-de-France, la région concentre l’essentiel des signalements. Au 2 juin, 87 cas y étaient confirmés, avec une flambée notable en avril.
Une alerte sanitaire en France qui s’ajoute à d’autres signaux surveillés depuis le printemps.
Pourquoi le virus circule à nouveau sur le territoire
Le clade Ib, plus virulent que la souche identifiée en 2022, est devenu majoritaire parmi les cas français au 31 mars dernier. À l’échelle européenne, l’ECDC a recensé des centaines de cas confirmés de ce clade dans quinze pays entre avril 2025 et mars 2026.
Sylvain Rocher, 34 ans, cadre commercial à Lyon, témoigne anonymement dans un forum d’entraide : « Je pensais que le Mpox, c’était fini. J’ai été diagnostiqué en juin après un week-end à Bruxelles. Personne autour de moi n’en parlait plus. »
La transmission suit deux dynamiques distinctes. En France hexagonale, elle touche majoritairement les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Dans les départements de l’océan Indien, la circulation est davantage hétérosexuelle. Deux réalités épidémiologiques, une même vigilance.
Les signes qui doivent pousser à consulter
Fièvre, courbatures, fatigue intense. Puis apparition de lésions cutanées caractéristiques, parfois localisées sur les organes génitaux, le visage ou les mains. Des ganglions gonflés complètent souvent le tableau clinique.
« Beaucoup de patients tardent à consulter parce qu’ils confondent avec autre chose », déplore le Dr Vasseur. « Or plus le diagnostic est précoce, plus l’isolement évite la chaîne de transmission. »
Bonne nouvelle dans ce contexte : aucun décès n’a été signalé en France depuis le début de la surveillance en 2022. Les autorités maintiennent une double stratégie vaccinale : préventive pour les personnes éligibles, réactive après exposition.
Le numéro Mpox info service reste accessible tous les jours de 8h à 23h.
Reste une question qui trotte dans les couloirs des ARS : cette recrudescence estivale n’est-elle qu’un pic saisonnier, ou le premier signal d’une installation durable du virus sur le sol français ? Le prochain bulletin de Santé publique France, attendu à la rentrée, en dira davantage.



