Santé

Infarctus chez la femme : ces 5 signes trompeurs que 73% des victimes ignorent

Ce mardi matin, Nathalie Lemoine, 54 ans, professeure des écoles à Rennes, sent une fatigue qui l’écrase depuis trois jours. Une gêne dans le dos, aussi. Elle met ça sur le compte d’une mauvaise nuit. Elle finira aux urgences 48 heures plus tard, en pleine crise cardiaque. Personne, autour d’elle, n’avait pensé au cœur.

Ce que son cardiologue lui a expliqué en salle de réveil, la majorité des femmes l’ignore encore.

Quand le cœur crie sans que personne n’entende

L’imagerie du malaise brutal, main crispée sur la poitrine, colle à un scénario masculin. Chez la femme, le tableau se brouille.

Dans un cas sur deux seulement, l’infarctus se manifeste par cette douleur en étau irradiant vers le bras gauche et la mâchoire. L’autre moitié ? Un puzzle de signaux discrets.

« On voit arriver des patientes qui ont attendu deux, parfois trois jours avant d’appeler le 15 », déplore le Dr Hélène Vasseur, cardiologue au CHU de Bordeaux. « Elles pensaient à une gastro, à un lumbago, à du surmenage. Le mot infarctus ne leur a jamais traversé l’esprit. »

La conséquence est glaçante. Une prise en charge retardée, du muscle cardiaque qui meurt, un pronostic qui s’assombrit d’heure en heure.

Pourquoi le corps féminin brouille les pistes

Cinq signes reviennent dans les recommandations françaises et canadiennes : essoufflement inhabituel, fatigue écrasante, oppression thoracique fugitive, douleur du bras ou de la mâchoire à l’effort, brûlures remontant dans la gorge. Ajoutez nausées et anxiété inexpliquée, et le tableau ressemble à tout sauf à une urgence cardiaque.

Selon le dossier pédagogique du Centre canadien de santé cardiaque pour les femmes, la fatigue est rapportée par sept patientes sur dix ayant fait un infarctus. C’est le symptôme le plus fréquent, et paradoxalement le plus banalisé.

Nathalie, elle, se souvient : « J’avais l’impression d’avoir couru un marathon en montant mes escaliers. J’ai dit à mon mari que je vieillissais. » Ce lien entre fatigue persistante et santé reste sous-estimé, y compris en consultation généraliste.

Les signaux que votre médecin pourrait manquer

Le biais ne joue pas qu’à la maison. Une étude relayée par la Revue du Praticien pointe un délai diagnostique plus long chez les femmes admises pour douleur thoracique, comparé aux hommes du même âge.

Les symptômes digestifs – nausées, vomissements, sensation d’indigestion – brouillent particulièrement la lecture quand l’artère coronaire droite est touchée.

« Le réflexe cardio n’est pas automatique face à une patiente de 50 ans qui décrit une gêne dorsale et un peu de nausée », observe le Dr Karim Belaïd, urgentiste à Saint-Étienne. « Il faut y penser. Systématiquement. »

Ameli.fr le rappelle : devant toute douleur thoracique, même atypique, associée à un malaise ou un essoufflement, l’appel au 15 s’impose. Ces symptômes graves à ne pas ignorer ne se négocient pas avec une aspirine et une nuit de sommeil.

Nathalie a repris son travail six mois plus tard. Elle raconte son histoire aux collègues, aux amies, à sa sœur. « Si une seule d’entre elles appelle le 15 dix minutes plus tôt que moi, ça aura servi à quelque chose. » Le silence du cœur féminin, lui, continue.

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Stéphane Lavorel

Hello, je m'appelle Stéphane et je suis un vrai Haut Savoyard ! Je m'intéresse à pas mal de sujets dans la vie car je suis très curieux. Dès que j'ai une idée ou une reflexion, j'en profite pour alimenter ce modeste blog qui a vocation à laisser mes écrits sur la toile. Ayant fait de longues études, j'ai toujours aimé rédiger donc c'est avec toute humilité que je vous propose de me suivre sur des sujets qui me passionnent. Parfois je fais collaborer des amis à la rédaction d'articles. Bonne lecture à tous.
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