Ce symptôme cardiaque que 73% des femmes ignorent peut annoncer un AVC

Trois semaines avant son AVC, Nathalie Fournier, 54 ans, comptable à Rennes, s’endormait chaque soir sur son canapé à 20h. Elle mettait ça sur le compte du bouclage annuel au bureau. « Je me disais que c’était la fatigue du travail, rien de plus », se souvient-elle aujourd’hui, six mois après son hospitalisation en urgence.
Ce signal, elle l’a ignoré. Comme la plupart des femmes.
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Un signal que votre médecin ne cherche peut-être pas
La fatigue inhabituelle est mentionnée par 70 % des patientes avant un événement cardiovasculaire, d’après l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, qui a passé au crible les dossiers de son centre féminin.
Ce symptôme, banal en apparence, précède souvent l’accident. Le problème, c’est qu’il ne ressemble à rien de ce qu’on associe habituellement à un infarctus ou à un AVC.
Pas de douleur thoracique fulgurante. Pas de bras gauche paralysé. Juste un épuisement qui s’installe, qui dure, que le café ne compense plus.
« Beaucoup de patientes arrivent aux urgences après avoir consulté deux ou trois fois pour de la fatigue sans cause identifiée », déplore le Dr Estelle Reboul, cardiologue en centre hospitalier de province. « On leur a parlé de burn-out, de ménopause, d’anémie. Rarement du cœur. »
Pourquoi le cœur des femmes parle un autre langage
Les symptômes cardiaques féminins ne suivent pas le scénario masculin. La Cleveland Clinic le rappelle : chez les femmes, la gêne peut se loger dans le dos, la mâchoire, le cou, les épaules, sans jamais toucher la poitrine. Résultat, les diagnostics tombent plus tard.
À cette cartographie atypique s’ajoutent d’autres signaux discrets. L’essoufflement en montant un simple escalier. Les nausées inexpliquées après le repas. Des vertiges au lever. Des palpitations qu’on met sur le compte du stress. La MNPAF les liste dans son dossier consacré aux signes féminins de l’infarctus et de l’AVC.
Le mode de vie complique encore la lecture. Sommeil dégradé, alimentation irrégulière, sédentarité : autant de facteurs qui brouillent le tableau. La qualité du sommeil et santé cardiovasculaire sont désormais reconnues comme intimement liées.
Les 3 moments où ce symptôme doit vous alerter
Une fatigue disproportionnée par rapport à l’activité de la journée. Une fatigue qui persiste après une nuit complète de sommeil. Une fatigue accompagnée d’un autre signe discret – essoufflement, nausée, gêne dans la mâchoire ou le dos.
Trois configurations qui doivent conduire à consulter, selon les recommandations relayées par les centres spécialisés.
Pour l’AVC installé, la règle reste la méthode FAST : visage asymétrique, bras qui tombe, parole troublée, temps d’appel au 15. Chaque minute compte. Les femmes appellent en moyenne plus tard que les hommes, souvent parce qu’elles minimisent leurs propres symptômes.
Nathalie Fournier, elle, a eu de la chance. Sa fille, en visite ce dimanche-là, a remarqué que sa mère cherchait ses mots. Le SAMU est arrivé en douze minutes.
Aujourd’hui, elle raconte son histoire à ses collègues. Surtout aux femmes de son âge. Celles qui, comme elle, s’endormaient sur le canapé sans y prêter attention.



