Aides étudiantes 2026 : ces 3 changements que personne n’avait vus venir

Ce mardi matin, en ouvrant son dossier Crous depuis la BU de Rennes 2, Léa Marchand, 20 ans, étudiante en licence de psycho, a déchanté. Le montant de sa bourse pour 2026-2027 ? Identique au centime près à celui de cette année. Aucune revalorisation. Et ce n’est qu’une partie de ce que prépare le budget 2026.
Trois mesures, glissées dans les arrêtés et le projet de loi de finances, vont rebattre les cartes à la rentrée.
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Le coup de massue sur les APL des étudiants étrangers
C’est la mesure qui fait le plus parler dans les associations étudiantes. À compter du 1er juillet 2026, les étudiants extra-communautaires non boursiers perdront leur droit aux APL, selon le projet de loi de finances décortiqué par L’Étudiant.
Près de 100 000 étudiants étrangers seraient concernés d’après les estimations reprises par plusieurs collectifs.
Karim Belaïd, 23 ans, étudiant marocain en master de droit à Lyon 3, témoigne : « Mon loyer en résidence privée, c’est 580 euros. L’APL couvrait 180 euros. Sans ça, je ne sais pas comment je tiens jusqu’en juin. » L’association Oxfam France a déjà épinglé une mesure qui fragilise les plus précaires.
Le gel des bourses que personne n’avait anticipé
On l’attendait à la hausse. Elle ne bougera pas. Les taux et plafonds des bourses sur critères sociaux pour 2026-2027 restent strictement identiques à ceux de l’année en cours, selon un arrêté publié au Journal officiel le 10 avril 2026 et confirmé par une réponse du Sénat.
Aucune indexation sur l’inflation.
Dans le même temps, la CVEC grimpe de 103 à 105 euros. Deux euros. Symboliques, mais ils s’ajoutent à une équation déjà tendue. « Quand on aligne loyer, courses, transport et frais de scolarité, ces petites hausses cumulées finissent par peser », observe Mathilde Renard, chargée de mission à une fédération étudiante rennaise.
Le gouvernement, lui, vise 43,8 milliards d’euros d’économies sur l’ensemble du budget 2026.
Bourses élargies et logement : ce qu’il reste à jouer
Tout n’est pas figé. Plusieurs amendements en discussion au Parlement portent sur un élargissement ponctuel des critères d’attribution pour les étudiants issus de familles monoparentales et sur des dispositifs locaux de caution logement.
Rien n’est voté à l’heure où ces lignes sont écrites, mais le calendrier parlementaire devrait trancher avant fin décembre.
Léa, l’étudiante rennaise, a déjà déposé son dossier social étudiant le 12 mai. Elle a aussi pris contact avec le CROUS pour une demande de logement en résidence universitaire, où les loyers restent bien en deçà du privé.
Celles et ceux qui s’interrogent sur les formations financées par l’État peuvent se tourner vers plusieurs cursus en alternance qui ouvrent aussi droit à une rémunération qui change la donne.
Le décompte officiel des arbitrages budgétaires tombera dans les prochaines semaines. D’ici là, une question reste suspendue : combien d’étudiants iront vérifier, ligne à ligne, ce que le budget 2026 leur réserve vraiment ?



