Commerce

Manifestations du 24 octobre : ces 5 erreurs que les commerçants ne doivent jamais commettre

Ce lundi 20 octobre, dans sa boutique de prêt-à-porter du centre de Rennes, Nathalie Jourdan, 46 ans, balaie encore les éclats de verre. Sa vitrine a volé en morceaux samedi. Et à l’approche du 24 octobre, elle redoute le scénario catastrophe : une seconde vague de dégradations, et une assurance qui refuse de payer.

Certains gestes de bon sens peuvent coûter très cher.

Le week-end noir qui hante encore les vitrines

Les chiffres remontés par la Fédération du commerce et de la distribution donnent le vertige : près de 1 500 commerces touchés lors des violences du 17 octobre, et des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions d’euros. Vitrines pulvérisées, rideaux de fer tordus, stocks pillés, incendies de façades.

« On a vu arriver des dossiers qu’on n’avait plus traités à cette échelle depuis les Gilets jaunes », confie Pascal Rémillieux, expert en sinistres pour une mutuelle professionnelle lyonnaise.

À l’heure où un nouvel appel à mobilisation vise le 24 octobre, les commerçants déjà sinistrés – souvent fragilisés par la fragilité du commerce physique – doivent sécuriser leurs futurs recours.

Pourquoi certains réflexes de protection se retournent contre vous

Première idée reçue à démonter : clouer soi-même des planches, nettoyer les traces, jeter les débris avant l’arrivée de l’expert. Autant de gestes « logiques » qui, selon France Assureurs, peuvent compromettre la reconnaissance du sinistre.

Nathalie en a fait l’amère expérience en 2023, lors d’un précédent dégât. « J’avais tout rangé, tout remis en ordre avant que l’expert passe. Résultat : il a estimé que je minimisais l’ampleur. J’ai perdu près de 40 % de l’indemnisation espérée », raconte-t-elle, encore remontée.

Autre piège : croire que la garantie « émeutes et mouvements populaires » couvre tout. Elle existe dans la plupart des contrats dommages aux biens, mais s’accompagne de franchises élevées et de sous-limites.

Et la perte de chiffre d’affaires liée à une fermeture forcée ? Elle dépend d’une garantie « perte d’exploitation » souvent facultative, que beaucoup n’ont jamais souscrite.

Les 5 gestes à bannir avant le 24 octobre

Après enquête auprès de courtiers et d’experts, voici ce qui revient en boucle dans les dossiers refusés ou minorés : nettoyer ou réparer avant le passage de l’expert (les preuves photographiques prévalent sur tout), oublier le dépôt de plainte sous 48 à 72 heures (exigé par la quasi-totalité des contrats), sous-estimer les stocks détruits en ne tenant pas d’inventaire horodaté avant la manifestation, ignorer le rideau de fer tordu ou le système d’alarme hors service (souvent exclus si non déclarés dans les 5 jours), et signer un devis de réparation avant validation écrite de l’assureur.

Maître Léa Fontaine, avocate en droit des assurances au barreau de Paris, met en garde : « Le réflexe de vouloir rouvrir vite est humain, mais chaque heure sans traçabilité fragilise le dossier. »

Un conseil qui résonne pour les enseignes menacées de fermeture, pour qui un refus d’indemnisation peut sonner le glas.

Vendredi matin, Nathalie finira de bâcher sa vitrine. Son téléphone est chargé, son contrat sur le comptoir, et un carnet pour tout noter – heure par heure. Reste une question qu’aucun assureur ne saura trancher avant samedi soir : combien de rideaux resteront debout ?

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Stéphane Lavorel

Hello, je m'appelle Stéphane et je suis un vrai Haut Savoyard ! Je m'intéresse à pas mal de sujets dans la vie car je suis très curieux. Dès que j'ai une idée ou une reflexion, j'en profite pour alimenter ce modeste blog qui a vocation à laisser mes écrits sur la toile. Ayant fait de longues études, j'ai toujours aimé rédiger donc c'est avec toute humilité que je vous propose de me suivre sur des sujets qui me passionnent. Parfois je fais collaborer des amis à la rédaction d'articles. Bonne lecture à tous.
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