Ce week-end, 7 festivals gastronomiques vont transformer la France en buffet géant

Ce samedi matin, Claire Lefebvre, 42 ans, fromagère à Meulan-en-Yvelines, finit de disposer ses tommes sur l’étal. Devant elle, près de 300 variétés de fromages attendent déjà la foule. « On n’a jamais vu autant de monde réserver à l’avance », confie-t-elle.
Fin octobre vire au festin national. Et sept rendez-vous, répartis sur l’Hexagone, promettent de faire déborder les tables ce week-end.
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Pourquoi fin octobre déclenche cette frénésie gourmande
Les vacances de la Toussaint, les récoltes qui s’achèvent, les premiers froids qui réveillent l’appétit : la fenêtre est idéale.
À l’heure où les producteurs rentrent leurs dernières courges et taillent les ceps, les communes profitent du calendrier pour sortir le grand jeu.
« Octobre, c’est le mois où le terroir devient visible », observe Antoine Rivière, sociologue de l’alimentation à l’université de Tours. « Les Français cherchent du concret, du local, du vivant. Ils veulent toucher le producteur, pas juste scanner un QR code. »
Résultat : des escapades gourmandes d’automne qui attirent autant les familles que les néo-ruraux en quête de racines retrouvées.
Les 7 rendez-vous qui vont faire saliver la France
Le programme, selon le décompte officiel des offices de tourisme, tient de la carte au trésor.
En tête, les Journées Gastronomiques de Sologne, les 24 et 25 octobre à Romorantin-Lanthenay, référence absolue des amateurs de gibier et de tartes Tatin. Dans le Vaucluse, le Festival Saveurs & Savoirs d’Uzès déploie sa 4e édition sur quatre jours, truffe en tête d’affiche.
Suivent le Festival des Fromages de Meulan-en-Yvelines, la Balade du Goût en Île-de-France avec une multitude de fermes ouvertes selon Sortir à Paris, le Salon de la gastronomie des Outre-mer à Paris, les Rencontres châtaigne des Cévennes, et le Mondial du Beurre breton à Quimper.
Sept événements. Un seul week-end. Du jamais vu depuis la relance post-Covid des circuits courts.
Ce que ces festivals révèlent sur notre rapport à la table
Nicolas Berthier, 34 ans, graphiste parisien, a bloqué son samedi pour descendre à Romorantin avec sa compagne. « On ne va plus au resto étoilé, on va chez les producteurs », raconte-t-il.
« L’addition est la même, mais on repart avec des bocaux et un visage à mettre sur ce qu’on mange. »
Le signal est faible mais net. Les festivals ne vendent plus seulement de la nourriture, ils vendent un lien.
Démonstrations de tour de main, ateliers enfants, marchés nocturnes aux lampions : la gastronomie se vit en immersion, loin des émissions de télé-crochet culinaire.
« On assiste à un retour du banquet, au sens médiéval du terme », note Marie Castellani, ethnologue à l’EHESS. « Partager, négocier, goûter ensemble. La table redevient un espace politique. »
Ce dimanche soir, quand les stands plieront bagage et que les derniers verres de cidre fermier auront été vidés, une question flottera dans l’air froid des Cévennes comme sur les quais de Quimper.
Qu’est-ce qui, au fond, nous rassemble encore mieux qu’une assiette ?



