Hausse du Smic : ce que le ministre vient d’annoncer change tout pour 2025

Ce mardi matin, en préparant les paies de ses six salariés dans son salon de coiffure de Clermont-Ferrand, Nadia Berranger, 42 ans, a tendu l’oreille à la radio. Le ministre de l’Économie venait de relancer le débat sur une hausse anticipée du Smic. 2,5 millions de salariés sont directement concernés.
Un mot, une petite phrase glissée entre deux sujets. Mais qui pourrait tout changer dans les prochaines semaines.
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Le Smic au cœur d’un bras de fer politique inattendu
L’annonce a surpris jusque dans la majorité. À Bercy, on assume désormais ouvertement de remettre la revalorisation sur la table, à l’heure où les syndicats réclament un coup de pouce exceptionnel depuis la rentrée.
Le Smic horaire brut est fixé à 11,88 euros, soit 1 801,80 euros brut mensuels pour 35 heures, selon l’INSEE.
« On ne peut pas demander aux salariés les plus modestes d’attendre janvier 2026 pendant que les prix de l’alimentaire restent tendus », déplore Franck Delaunay, économiste à l’OFCE joint par téléphone. Un argument que la rue a déjà fait sien.
L’exécutif, visiblement, ne veut plus balayer cette revendication d’un revers de main.
Pourquoi le gouvernement change de stratégie maintenant
Le calendrier n’a rien d’anodin. L’inflation ralentit nettement – à 0,9 % en moyenne annuelle pour 2025, contre 2 % l’année précédente, selon les derniers chiffres de l’INSEE.
Mécaniquement, la revalorisation automatique au 1er janvier 2026 serait modeste : autour de 1,4 %, estime le groupe d’experts Smic dans son rapport remis au gouvernement.
Autrement dit : sans geste politique, l’augmentation plafonnerait à une vingtaine d’euros nets par mois. De quoi raviver la colère sociale alors que les arbitrages budgétaires du gouvernement entrent dans leur phase décisive.
Pour Nadia, la coiffeuse auvergnate, le calcul est vite fait : « 20 euros, c’est un plein de courses. Mais mes employées attendaient plus. »
Les 3 scénarios qui se dessinent pour votre salaire
Trois pistes circulent dans les couloirs de Matignon, selon nos informations. La première : une revalorisation anticipée dès décembre, de l’ordre de 2 %, pour envoyer un signal avant les fêtes.
La deuxième : un coup de pouce classique au 1er janvier, qui porterait le Smic au-dessus de 1 830 euros brut. La troisième, défendue par une partie des députés : une hausse ciblée de 3 à 4 %, assortie d’allègements de charges renforcés pour les TPE.
Chaque option a son prix. « Un point de hausse supplémentaire, c’est près de 400 millions d’euros d’exonérations à compenser pour l’État », rappelle Hélène Maubert, chercheuse à l’IRES.
Les patrons de PME, eux, redoutent une addition salée en pleine conjoncture molle. Et derrière, la question du pouvoir d’achat des Français reste entière.
Dans son salon clermontois, Nadia a rangé la radio dans sa poche. Les annonces officielles sont attendues dans les prochains jours. Reste à savoir laquelle, du budget ou du terrain, finira par l’emporter.



