7,2% d’inflation alimentaire : ces produits du quotidien que vous ne pourrez bientôt plus acheter

Ce mardi matin, dans un Intermarché de Clermont-Ferrand, Nathalie Bourges, 52 ans, aide-soignante, repose la brique de lait qu’elle venait de prendre. « 1,45 euro le litre de demi-écrémé premier prix. L’an dernier, c’était 1,15. » Elle recompte mentalement son caddie.
Puis retire deux articles.
Une scène banale. Qui en dit long sur ce qui se joue dans les rayons.
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Le caddie sous pression, malgré l’accalmie affichée
Les chiffres officiels rassurent, en apparence. L’Insee a annoncé fin juin une inflation alimentaire à 0,9% en glissement annuel, la plus faible hausse depuis mars 2025.
L’inflation globale, elle, est repassée sous la barre des 2%, à 1,8%.
Sauf que ce chiffre lissé masque une réalité plus rugueuse. Les produits frais, eux, affichent toujours une hausse sur un an, selon le décompte officiel. Et derrière la moyenne, certains produits du quotidien continuent de grimper bien au-delà.
« On regarde l’indice global, mais les ménages modestes, eux, consomment surtout du frais, du pain, des œufs, du lait », observe Élodie Vasseur, économiste au sein d’un cabinet lyonnais spécialisé dans la consommation. « Pour eux, l’inflation ressentie n’a rien à voir avec les chiffres affichés. »
Pain, lait, œufs : pourquoi ces trois-là résistent
Ce sont les produits que l’on achète chaque semaine. Ceux qu’on ne remplace pas.
Et c’est ce qui les rend vulnérables. Les industriels le savent : la demande reste stable même quand le prix grimpe.
Le pain paie la facture des céréales et de l’énergie des fournils. Le lait subit encore les répercussions de la sécheresse de l’été précédent sur les rendements laitiers. Les œufs, eux, traînent les séquelles des épisodes de grippe aviaire qui ont décimé plusieurs élevages français.
Julien Marchetti, 34 ans, boulanger à Nîmes, raconte : « J’ai augmenté la baguette de dix centimes en avril. Je n’avais plus le choix. La farine, l’électricité du four, tout a bougé.
Mes clients ne disent rien, mais je vois bien qu’ils prennent une baguette au lieu de deux. »
Ce glissement silencieux, c’est ce qui fait dérailler le budget des ménages sous pression. Pas les grosses dépenses. Les petits achats répétés.
Les signaux à repérer dans les rayons cet été
Trois indices trahissent une hausse déguisée. D’abord, la shrinkflation : même prix, contenant réduit. Le paquet de pâtes passe de 500 à 450 grammes sans crier gare.
Ensuite, le retrait discret des formats familiaux, souvent les plus économiques au kilo. Enfin, la disparition pure et simple de certaines marques distributeur d’entrée de gamme.
Nathalie, l’aide-soignante de Clermont, a fini par changer ses habitudes. Elle achète le lait en bidon de six litres, congèle le pain, note les prix au kilo dans un carnet.
Une gymnastique nouvelle, pour protéger votre pouvoir d’achat quand chaque euro compte.
« Avant, je faisais mes courses sans regarder », confie-t-elle. « Maintenant, je passe quarante minutes à comparer. »
Reste une question que personne, à Bercy comme à l’Insee, ne tranche : combien de temps les foyers vont-ils absorber ces hausses avant que quelque chose, quelque part, ne cède ?



