Ce matériau de bricolage très courant libère des substances toxiques chez vous…

Ce samedi matin, en ouvrant la porte du dressing fraîchement monté dans la chambre de sa fille, Élodie Vasseur, 38 ans, kinésithérapeute à Nantes, a senti une odeur entêtante. Une odeur de neuf. Trois semaines après la pose des panneaux, elle persistait. Ce n’est pas l’odeur du neuf. C’est celle d’un gaz.
Et ce que sa famille respirait depuis vingt jours porte un nom que la plupart des bricoleurs ignorent.
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Le coupable se cache dans presque toutes les maisons
Panneaux de particules, bois agglomérés, colles à carrelage, peintures, vernis, moquettes, certains isolants : la liste dressée par les organismes spécialisés ressemble à un inventaire de magasin de bricolage.
Ces matériaux relâchent des composés organiques volatils (COV), invisibles, parfois inodores après quelques jours.
Au premier rang des suspects, le formaldéhyde, classé cancérogène et irritant respiratoire, omniprésent dans les bois agglomérés et les colles, selon Ecohabitation. Vient ensuite le toluène, présent dans les peintures et les époxy, suspecté d’effets sur le système nerveux central. Le phénol, lui, s’échappe des panneaux et de certains isolants.
« Les patients qui consultent pour des maux de tête persistants après des travaux ne font pas toujours le lien », observe le Dr Antoine Lefranc, pneumologue libéral à Rennes. « L’habitation devient une chambre d’exposition lente. »
Pourquoi l’odeur de neuf est un signal d’alarme
L’idée reçue est tenace : ça sent fort les premiers jours, puis ça passe. La réalité est moins rassurante.
Certains matériaux continuent d’émettre des COV pendant des mois, voire des années, surtout en présence de chaleur et d’humidité. Le chauffage en hiver, la salle de bain en été : autant de moments où les émissions repartent à la hausse.
L’étiquetage européen A+, A, B, C – affiché en magasin sur les revêtements, peintures et colles – donne une indication claire. Mais combien de clients lisent cette petite vignette carrée avant de remplir leur caddie ?
Élodie, elle, ne l’avait jamais regardée. « Je prenais ce qui correspondait à la couleur du meuble. Je ne savais même pas que ça existait », confie-t-elle. Comme d’autres sources de pollution domestique cachées, le danger ne se voit pas. Il s’accumule.
Les réflexes qui changent tout sans tout démonter
Pas question d’arracher la cuisine ou le parquet. Les spécialistes de l’habitat sain insistent sur trois leviers, simples et bon marché.
D’abord, ventiler en grand, fenêtres ouvertes dix minutes matin et soir, même en hiver, même après plusieurs mois. Ensuite, lire l’étiquette à l’achat et privilégier les classes A+ pour tout nouveau projet : peinture, colle, sol stratifié.
Enfin, éviter d’enfermer un meuble neuf dans une pièce close pendant les premières semaines – la chambre d’un enfant en bas âge est la plus mauvaise destination.
« On ne demande pas aux gens de vivre comme dans un laboratoire », rappelle Camille Rosset, conseillère habitat à l’Agence Locale de l’Énergie de Bordeaux. « On leur demande juste d’ouvrir les fenêtres et de regarder une étiquette. »
Élodie, depuis, a installé un détecteur. Et laisse la porte du dressing entrouverte, jour et nuit. Un geste minuscule, pour une question qui dépasse largement le bricolage du dimanche.



