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Ces faux recruteurs IA piègent des milliers de candidats : comment ils opèrent

Ce mardi matin, en ouvrant sa boîte mail depuis son studio de Villeurbanne, Léa Fontaine, 27 ans, chargée de communication au chômage depuis quatre mois, découvre le message qu’elle attendait. Un cabinet parisien lui propose un poste sur-mesure. Salaire alléchant, télétravail, réponse en 48 heures. Trop beau. Trois semaines plus tard, elle porte plainte.

Ce qui l’a piégée ? Un simple détail qu’elle n’a pas su voir.

Un entretien parfait… qui n’a jamais existé

L’échange démarre par visio. À l’écran, une DRH souriante, un décor de bureau soigné, un ton chaleureux.

L’entretien dure 40 minutes. Les questions tombent juste, les réactions semblent naturelles. Léa signe un « pré-contrat » envoyé par mail et transmet ses coordonnées bancaires « pour la mise en place du virement de bienvenue ». Le compte est vidé en 72 heures.

« Nous voyons arriver des dossiers où la victime a discuté avec une IA générative pendant tout l’entretien sans jamais s’en rendre compte », déplore la commandante Aurélie Vasseur, cheffe d’une unité de lutte contre la cybercriminalité en région lyonnaise. Le marché de l’emploi sous tension rend les candidats plus vulnérables à ces sollicitations personnalisées.

L’IA au service des escrocs : anatomie d’une arnaque sophistiquée

Le mode opératoire se raffine. Les escrocs scrapent LinkedIn, aspirent les CV publics, puis génèrent une offre calibrée : intitulé exact du poste rêvé, salaire cohérent avec le secteur, missions taillées sur mesure.

Le profil du faux recruteur, lui aussi cloné, affiche parfois plusieurs centaines de relations communes.

Vient ensuite l’entretien. Voix synthétique, avatar vidéo, réponses générées en temps réel : selon le ministère de l’Intérieur, les contenus produits par IA sont désormais très réalistes et compliquent la détection à l’œil nu. Une enquête relayée par Science et Vie évoque des messages presque indétectables.

Puis vient le basculement. L’échange quitte la plateforme professionnelle pour WhatsApp ou Telegram. C’est là que tout se joue.

On demande un RIB « pour préparer la fiche de paie », une copie de la carte d’identité « pour la conformité RH », parfois un virement « pour le matériel informatique livré à domicile ».

Les 5 signaux que votre recruteur n’est pas humain

D’après le décompte croisé du ministère de l’Intérieur et d’Indeed, cinq indices reviennent systématiquement dans les dossiers de victimes : une offre trop personnalisée arrivée sans que vous ayez postulé, un basculement rapide vers messagerie privée après un premier contact, une demande de données bancaires ou de sécurité sociale avant toute embauche officielle, un paiement préalable exigé pour matériel, formation ou frais de dossier, et une entreprise introuvable via ses coordonnées officielles ou les registres publics.

« Un recruteur légitime ne réclame jamais d’argent, jamais de RIB avant signature du contrat définitif », rappelle Maître Julien Descombes, avocat spécialisé en droit du numérique à Bordeaux.

La commandante Vasseur ajoute un réflexe simple : rappeler l’entreprise sur son standard officiel, jamais sur le numéro fourni par le prétendu recruteur. En cas de virement effectué, la banque doit être contactée dans l’heure.

Des aides pour les victimes de piratage existent aussi côté associations.

Léa, elle, a fini par retrouver un vrai poste. Elle garde le mail du faux recruteur épinglé sur son écran. Un rappel silencieux, tous les matins, que le prochain candidat piégé pourrait être n’importe qui.

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Stéphane Lavorel

Hello, je m'appelle Stéphane et je suis un vrai Haut Savoyard ! Je m'intéresse à pas mal de sujets dans la vie car je suis très curieux. Dès que j'ai une idée ou une reflexion, j'en profite pour alimenter ce modeste blog qui a vocation à laisser mes écrits sur la toile. Ayant fait de longues études, j'ai toujours aimé rédiger donc c'est avec toute humilité que je vous propose de me suivre sur des sujets qui me passionnent. Parfois je fais collaborer des amis à la rédaction d'articles. Bonne lecture à tous.
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