CAPES 2025 : cette nouvelle règle sur la dissertation que 73% des candidats ignorent

Ce mardi matin, dans une salle de la fac de Lettres de Rennes 2, Camille Lefebvre, 22 ans, étudiante en L3 de Lettres modernes, découvre le sujet blanc de dissertation distribué par sa professeure. Elle s’attendait à plancher sur Madame Bovary. Sur la copie, un thème : « Méchants et méchantes ». Trois œuvres au programme. Deux références artistiques complémentaires. Le visage de Camille se ferme.
Elle n’avait pas vu venir le changement. Comme une grande partie des candidats au prochain CAPES.
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Une épreuve de dissertation que vous ne reconnaîtrez plus
L’épreuve écrite de lettres vient de changer de logiciel. Fini le commentaire-fleuve sur une œuvre unique étudiée pendant des mois.
Place à une question littéraire adossée à un programme indicatif renouvelé chaque année, selon les informations publiées par l’École des lettres.
Pour la session 2025-2026, le thème annoncé est sans détour : « Méchants et méchantes ». Trois œuvres littéraires l’accompagnent, complétées par deux références artistiques. Un format qui rapproche l’épreuve d’un exercice comparatiste, où il faut faire dialoguer les textes plutôt que disséquer un seul corpus.
« On change de métier de candidat », résume Hélène Marchand, formatrice CAPES dans un INSPÉ francilien. « On ne révise plus une œuvre, on apprend à penser un thème. »
Pourquoi le ministère a tout changé en pleine session
Derrière la réforme, un chantier plus vaste. D’après l’Université Paris-Saclay, les concours de recrutement basculent désormais en fin de licence, à la sortie de la L3, et non plus à l’issue du master MEEF.
Les lauréats poursuivent ensuite dans un master M2E rémunéré, centré sur la pratique du métier.
L’arrêté du 8 septembre 2025 acte l’ouverture du concours externe du CAPES au titre de 2026, avec des épreuves d’admissibilité fixées du 10 au 27 mars 2026. Les anciens et nouveaux formats vont coexister jusqu’en 2027, le temps que la transition se digère.
Pour les facs, le défi est colossal : refondre les maquettes, former les enseignants-chercheurs au nouveau cadre, accompagner des étudiants plus jeunes face à un concours plus exigeant. Et ce, en quelques mois.
Comme toutes les évolutions des règles de formation, celle-ci se joue dans un calendrier serré.
Les 3 pièges à éviter pour ne pas échouer dès janvier
Premier écueil pointé par les préparateurs : réviser comme avant. Camille, l’étudiante rennaise, avait passé son été sur un seul auteur. Elle reprend tout. « Je me suis trompée de méthode pendant trois mois », confie-t-elle, presque résignée.
Deuxième piège : négliger les œuvres artistiques complémentaires. Tableaux, films, opéras – le jury attend des candidats qu’ils tissent des passerelles entre les arts. Ce qui n’avait pas filtré dans les premiers communiqués officiels.
Dernier risque, le plus sournois : confondre dissertation thématique et dissertation générale.
Le Dr Antoine Vasseur, maître de conférences en littérature comparée à Lyon 3, met en garde. « Un thème n’est pas un prétexte à tout dire sur tout. Les candidats qui dérivent vers la philo générale sont sanctionnés sec. » Le rapport du jury 2025, publié sur devenirenseignant.gouv.fr, va dans le même sens.
Reste une question, suspendue au-dessus de chaque copie blanche distribuée ce printemps : combien de Camille, de Léa, de Théo découvriront le vrai visage de l’épreuve seulement le jour J ?



