Loisirs

Scandale sur la glace : Ce n’est pas l’Italie qui tient tête à la Suède, c’est le « Canada C » déguisé en Azzurri !

Ne vous laissez pas berner par l’ambiance électrique de Milan ou le tableau d’affichage qui affichait un improbable 2-2 dans la 2eme période avant de prendre 1 but à 3 minutes de la fin. Ce qui se joue sous nos yeux n’est pas un miracle sportif italien, mais une mascarade administrative. Regardez les noms sur les chandails, écoutez les interviews d’après-match : cette équipe qui tient tête aux stars NHL de la Suède ressemble plus à une équipe de ligue mineure nord-américaine en vacances qu’à une véritable sélection nationale.

Mon analyse en tant qu’ancien hockeyeur

Il a fallu se frotter les yeux au moment de l’égalisation. Le but du 2-2 qui fait trembler la Suède n’a rien de latin. C’est une production 100% made in North America. Le buteur ? Matt Bradley (fiche élite prospect), un gars de Vancouver. Le passeur ? Dustin Gazley, un Américain du Michigan de 37 ans.

Face à une équipe de Suède armée de talents tout droit venus de la NHL, l’Italie n’a pas sorti des guerriers formés à Cortina ou à Milan. Non, elle a sorti son chéquier et ses passeports.

La filière « Saint-Eustache » aux JO

L’alignement italien est une insulte à la géographie. Sur la glace, ce sont 8 Canadiens et 2 Américains qui portent le maillot bleu. L’Italie aligne ce qu’on pourrait cyniquement appeler un « Canada C » ou une équipe d’étoiles de l’ECHL (la troisième division nord-américaine).

Prenez le cas de Phil Pietroniro. Ce n’est pas un enfant des Alpes, c’est un gars de Saint-Eustache, au Québec. Ancien joueur des Olympiques de Gatineau et des Foreurs de Val-d’Or, il n’a jamais percé en NHL. Son parcours l’a mené de l’Utah en ECHL jusqu’à Asiago. Aujourd’hui, il vole la vedette aux défenseurs suédois millionnaires. C’est une belle histoire pour lui, certes, mais est-ce bien l’Italie qui joue ?

Et que dire de Matt Bradley, le héros de ce match ? Choix de 5e ronde des Canadiens de Montréal en 2015, il n’a jamais joué un match dans la grande ligue. Arrivé à Bolzano en 2021, il a obtenu son passeport juste à temps pour devenir le sauveur de la nation. Son grand-père d’Udine doit être fier, mais pour le hockey italien, c’est un aveu d’échec cuisant.

Une équipe « achetée » pour éviter l’humiliation ?

Il faut oser poser la question qui fâche : est-ce une insulte aux joueurs formés localement ?
Le président de la fédération italienne, Andrea Gios, ne s’en est même pas caché, évoquant un projet pour « faire venir 15 Nord-Américains » afin de rendre l’équipe compétitive. Le résultat est là : une sélection artificielle, un « melting pot » où l’on retrouve des joueurs comme Jason Seed (Ottawa) ou Alex Petan (Delta, Colombie-Britannique).

Certes, le coach Jukka Jalonen a eu l’élégance de refuser les mercenaires « purs » de la NHL qui n’avaient jamais mis les pieds dans la botte italienne (au revoir les Bertuzzi et les Foligno). Mais ne nous y trompons pas : ceux qui sont sur la glace aujourd’hui sont des Oriundi modernes, des joueurs venus chercher en Europe la gloire olympique que l’Amérique du Nord leur a refusée.

Alors que l’Italie célèbre ce 2-2 comme une victoire morale en fin de seconde période, rappelons-nous que ce score est maintenu à bout de bras par des gars formés dans les arénas de l’Ontario et du Québec. Si l’Italie réussit l’impossible face à la Suède, ce ne sera pas la victoire de la formation italienne, mais celle du système de repêchage raté de la NHL.

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Stéphane Lavorel

Hello, je m'appelle Stéphane et je suis un vrai Haut Savoyard ! Je m'intéresse à pas mal de sujets dans la vie car je suis très curieux. Dès que j'ai une idée ou une reflexion, j'en profite pour alimenter ce modeste blog qui a vocation à laisser mes écrits sur la toile. Ayant fait de longues études, j'ai toujours aimé rédiger donc c'est avec toute humilité que je vous propose de me suivre sur des sujets qui me passionnent. Parfois je fais collaborer des amis à la rédaction d'articles. Bonne lecture à tous.
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