Maison

Ce produit de bricolage banal empoisonne votre air pendant 14 jours (sans que vous le sachiez)

Ce samedi matin, après avoir repeint la chambre de sa fille dans un pavillon de Villeneuve-d’Ascq, Julien Petit, 34 ans, chef de projet informatique, ouvre grand les fenêtres. Trois jours plus tard, plus aucune odeur. Il croit l’air redevenu sain.

Il se trompe.

Ce que ses narines ne détectent plus continue pourtant de flotter dans la pièce. Pendant deux semaines entières.

Ces vapeurs invisibles que vous respirez sans le savoir

C’est l’angle mort du bricolage domestique. Les composés organiques volatils, ou COV, s’échappent des peintures, vernis, colles et lasures bien après la fin du chantier.

La revue Maison le confirme : ces molécules persistent activement dans l’air intérieur jusqu’à 72 heures après application, puis diffusent à bas bruit pendant plusieurs semaines.

Un rapport du LLuCS (Industrie et Lutte contre les COV) épingle un chiffre qui interroge : 87% des bricoleurs ignorent totalement cette rémanence. « On associe le danger à l’odeur. Or les COV les plus problématiques deviennent inodores bien avant d’avoir disparu », observe le Dr Antoine Vasseur, pneumologue consultant à Rennes.

La chambre de la petite ? Toujours contaminée quand elle s’y endort.

Pourquoi une semaine d’aération ne suffit pas

Le réflexe classique – ouvrir les fenêtres deux heures et refermer – relève du placebo. D’après les recommandations relayées par l’INRS, la ventilation doit être maintenue en continu pendant 48 à 72 heures minimum, et prolongée idéalement plusieurs jours.

Peintures à solvants, mais aussi peintures dites « à l’eau », qui contiennent encore des COV en faible concentration.

Le LLuCS va plus loin : certaines peintures continuent de dégazer activement au-delà de deux semaines, souvent sans le moindre signal olfactif. « J’ai laissé ma fille dormir dans sa chambre dès le lendemain », confie Julien, qui a depuis découvert le rapport en cherchant pourquoi elle toussait la nuit.

Les enfants, femmes enceintes et personnes asthmatiques figurent parmi les publics les plus exposés – et devraient éviter la pièce fraîchement peinte pendant au moins 48 heures après la fin des travaux.

La question dépasse largement le pot de peinture. Comme d’autres pollutions domestiques insoupçonnées, l’exposition se joue sur le temps long, à faible dose.

Masque A2, FFP3 : les protections que personne n’utilise

Côté pro, les peintres en bâtiment sont classés par l’INRS parmi les groupes à risque élevé pour les pathologies liées aux solvants – inhalation, contact cutané, effets neurologiques.

Chez le bricoleur du dimanche, la protection se limite souvent à un masque anti-poussière en papier. Inutile face aux COV.

Les équipements adaptés existent : masque à cartouche A2 pour les vapeurs organiques, FFP3 en complément pour les particules, gants nitrile et lunettes fermées. « C’est le premier réflexe qu’on devrait enseigner en magasin de bricolage, déplore Sophie Larcher, ingénieure qualité de l’air à Nantes. Personne ne vend ça avec le pot de peinture. »

Le complément le plus accessible reste végétal : certaines plantes, comme la plante dépolluante reconnue par la NASA, absorbent une partie des COV résiduels. Un appoint, pas une solution miracle.

Julien, lui, a fini par déplacer sa fille dans le salon pour dix jours. Sa chambre repeinte attend, portes ouvertes, qu’un air redevenu neutre remplace celui qu’aucun nez ne pouvait plus sentir.

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Stéphane Lavorel

Hello, je m'appelle Stéphane et je suis un vrai Haut Savoyard ! Je m'intéresse à pas mal de sujets dans la vie car je suis très curieux. Dès que j'ai une idée ou une reflexion, j'en profite pour alimenter ce modeste blog qui a vocation à laisser mes écrits sur la toile. Ayant fait de longues études, j'ai toujours aimé rédiger donc c'est avec toute humilité que je vous propose de me suivre sur des sujets qui me passionnent. Parfois je fais collaborer des amis à la rédaction d'articles. Bonne lecture à tous.
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